Le vélobus historique de Lille Les élèves de l’école Pasteur vont à l’école à vélo

, par Sébastien Torro-Tokodi

En 2006, la Ville de Lille, assistée d’un bureau d’études national, identifie deux écoles qui a priori pourraient bénéficier d’un accompagnement pour mettre en place des pédibus. L’association Droit au vélo, qui a vent de ce projet, travaille déjà avec la Ville sous la forme d’un partenariat portant notamment sur la sensibilisation du public et la concertation au sujet des aménagements cyclables.

L’ADAV est alors soutenue par l’Union Européenne dans le cadre du Fonds Social Européen (FSE) pour expérimenter des démarches de pédibus et vélobus sur la région. Elle est sollicitée par la Ville de Lille pour démarcher les deux écoles identifiées, l’une à Lille-Sud et l’autre dans le Centre.

Des réunions sont organisées à l’intention des parents d’élèves pour leur présenter ce dispositif. Les parents de la première école ne se sentent pas prêts à se lancer, d’autant que les élèves habitent pour la plupart à proximité immédiate de l’établissement. Dans l’autre école, les parents se montrent plus intéressés par l’idée du vélobus, qui leur permettrait pour certains de parcourir des distances plus longues qu’à pied et surtout de pouvoir continuer leur trajet à vélo vers leur lieu de travail, et à d’autres de gagner du temps et de la souplesse par rapport au trajet effectué en voiture.

JPEG - 165.4 koAu printemps, des exercices de maniabilité sont proposés aux parents et enfants intéressés sur une place publique, puis une sortie à vélo est organisée dans les rues de Lille.

Quelques semaines avant les grandes vacances, les premières sorties du vélobus sont effectuées le samedi matin (la semaine à 4 jours n’est pas encore instaurée). À la rentrée suivante, les parents décident de le reconduire, au quotidien !

Un frein majeur exprimé par les parents est le vol. En effet, des arceaux de stationnement ont été implantés quelques années auparavant mais sont isolés et plusieurs enfants sont victimes de vol. La cour est trop petite pour accueillir un stationnement sécurisé. L’ADAV propose à la Ville d’installer de nouveaux arceaux en voirie, devant l’entrée principale de l’école, ce qui permet une surveillance passive de la part des passants et de la pharmacie qui lui fait face. Parallèlement, une sensibilisation à l’utilisation d’un antivol de qualité est proposée, en plus du marquage des vélos contre le vol.

JPEG - 146.3 koDes arrêts sont matérialisés par les services de la Ville, indiquant l’heure de passage et le nom de la ligne.

En proie aux comportements inciviques de la part d’automobilistes pressés, des actions de sensibilisation sont initiées à leur encontre, avec distribution de faux PV.

Plusieurs films et des articles de presse couvriront ce vélobus, qui circule encore aujourd’hui, puisque chaque matin, c’est une dizaine d’enfants qui se rendent à l’école à vélo, en utilisant des rues disposant d’aménagement cyclable, ou pas...